Assurance-vie et déclaration fiscale 2026 : ce que vous devez déclarer

20 Avr 2026 | Assurance-vie, Optimisation fiscale

Un couple en train de lire leur contrat d'assurance-vie
Nicolas FOUASSIER - Conseiller en Gestion Patrimoine Associé

Nicolas FOUASSIER
Plus de 500 clients nous font confiance pour l’optimisation de leur fiscalité..

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L’assurance-vie est le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d’euros d’encours. Pourtant, au moment de la déclaration de revenus, elle génère une confusion persistante : beaucoup de détenteurs ne savent pas exactement ce qu’ils doivent déclarer, ce qui est imposable, et comment optimiser leur situation fiscale.

La bonne nouvelle : tant qu’aucun rachat n’est effectué, l’assurance-vie ne génère aucune obligation déclarative fiscale (hors IFI pour les unités de compte immobilières). C’est à l’occasion d’un rachat partiel ou total que la fiscalité s’applique — et qu’une bonne compréhension du mécanisme fait une différence concrète.

Cet article vous guide point par point pour remplir votre déclaration 2026 sans erreur et sans oublier un centime d’abattement.

Principe fondamental : seuls les rachats génèrent une imposition

L’assurance-vie fonctionne par capitalisation : les intérêts et plus-values s’accumulent au sein du contrat sans être imposés chaque année. L’imposition n’intervient qu’au moment d’un rachat (retrait partiel ou total).

Un rachat partiel est soumis à imposition uniquement sur la quote-part de gains qu’il contient, et non sur l’intégralité du montant retiré.

Formule de calcul de la quote-part imposable :

Quote-part imposable = Montant du rachat × (Total des gains du contrat / Valeur totale du contrat)

Exemple : un contrat d’une valeur de 120 000€ contient 20 000€ de gains (versements initiaux : 100 000€). Un rachat de 30 000€ sera imposable à hauteur de 5 000€ (30 000€ × 20 000€ / 120 000€), et non sur la totalité des 30 000€.

L’IFU : votre document de référence pour la déclaration

Chaque assureur est tenu d’adresser à ses clients un Imprimé Fiscal Unique (IFU) avant la campagne de déclaration. Ce document récapitule :

  • Les rachats effectués dans l’année et la quote-part imposable
  • Les prélèvements déjà retenus à la source (PFO — Prélèvement Forfaitaire Obligatoire)
  • Les prélèvements sociaux éventuellement prélevés
  • Les intérêts des fonds euros soumis aux prélèvements sociaux annuels

L’IFU est le document de base pour remplir correctement votre déclaration. En cas d’absence ou d’erreur, contactez directement votre assureur avant de déposer votre déclaration.

La fiscalité des rachats selon l’ancienneté du contrat

L’ancienneté du contrat est le critère déterminant de la fiscalité applicable.

Contrats de moins de 8 ans

Les gains sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 30% :

  • 12,8% d’impôt sur le revenu
  • 17,2% de prélèvements sociaux

Ou sur option globale au barème progressif de l’IR si cela s’avère plus avantageux (en cas de TMI faible).

Contrats de 8 ans et plus : l’abattement annuel

C’est ici que réside le principal avantage fiscal de l’assurance-vie. Après 8 ans de détention :

SituationAbattement annuel sur les gains
Contribuable célibataire, divorcé ou veuf4 600€
Couple soumis à imposition commune9 200€

Cet abattement s’applique chaque année, indépendamment du nombre de contrats. Il est particulièrement intéressant pour les stratégies de complément de retraite qui programment des rachats partiels réguliers.

Taux d’imposition après abattement (contrats > 8 ans)

Montant des versementsTaux IR sur la fraction au-delà de l’abattement
Versements < 150 000€ (par personne)7,5% (PFL) ou barème IR sur option
Versements ≥ 150 000€ (par personne)12,8% (PFU)

Les prélèvements sociaux à 17,2% s’ajoutent dans tous les cas.

Exemple concret : un couple de retraités parisiens rachète 25 000€ sur un contrat de 12 ans contenant 10 000€ de gains (quote-part : 40%). Gains imposables = 10 000€. Après abattement de 9 200€, la base imposable est de 800€, soumise à 7,5% IR + 17,2% PS = 199€ d’imposition totale — soit moins de 2% du montant retiré.

Prélèvements sociaux sur les fonds euros : une subtilité importante

Pour les contrats multisupports ou les contrats en fonds euros, les intérêts des fonds euros sont prélevés des prélèvements sociaux (17,2%) chaque année, directement par l’assureur au moment de l’inscription en compte. Ces prélèvements apparaissent dans l’IFU et sont à reporter dans la déclaration (case spécifique), mais ils n’ouvrent généralement pas droit à crédit d’impôt.

En revanche, les plus-values sur unités de compte ne font l’objet de prélèvements sociaux qu’au moment du rachat.

Ce que vous ne devez PAS déclarer

Beaucoup de contribuables font l’erreur inverse et déclarent des éléments qui n’ont pas lieu d’y figurer. Voici ce qui est hors du champ déclaratif :

  • Les intérêts non rachetés qui restent capitalisés dans le contrat
  • Les arbitrages internes (transferts d’un fonds à un autre au sein du même contrat)
  • La valeur totale du contrat (sauf pour l’IFI si des UC immobilières sont détenues)
  • Les avances sur contrat (ce n’est pas un rachat)

Assurance-vie et IFI : les unités de compte immobilières

Si votre contrat d’assurance-vie contient des unités de compte à sous-jacent immobilier (SCI, OPCI, SCPI logées dans le contrat), la fraction correspondante entre dans l’assiette de l’IFI. Cette règle est souvent ignorée des contribuables — et de certains assureurs qui ne transmettent pas toujours l’information clairement.

Pour une stratégie patrimoniale visant à réduire l’IFI, il peut être pertinent de réorienter ces UC vers des supports non immobiliers (fonds actions, obligations, monétaire), sans déclencher d’imposition puisqu’il s’agit d’un arbitrage interne non imposable. Les conseillers du cabinet de gestion de patrimoine de Paris peuvent vous accompagner dans ce rééquilibrage.

Assurance-vie et succession : ce qu’il faut avoir déclaré de son vivant

L’assurance-vie bénéficie d’un régime successoral avantageux, mais il suppose une rédaction précise de la clause bénéficiaire et une bonne compréhension des règles fiscales applicables au décès. Ce sujet, qui dépasse le cadre de la déclaration annuelle, est développé dans notre guide sur l’assurance-vie et la succession.

À noter : les primes versées après 70 ans sur un contrat d’assurance-vie intègrent partiellement la succession (au-delà d’un abattement global de 30 500€ tous contrats confondus). Cette donnée n’est pas à déclarer annuellement, mais elle doit être anticipée dans une stratégie de transmission.

Comment remplir sa déclaration : cases et formulaires

Les gains des rachats d’assurance-vie se reportent sur la déclaration 2042 principale et/ou la déclaration 2042-C (complémentaire), selon les cases suivantes :

SituationCase à remplir
Gains soumis au PFU (flat tax 30%) déjà prélevés à la source2DH (pour mémoire)
Gains pour lesquels vous optez pour le barème IR2CH ou 2TS selon ancienneté
Prélèvements forfaitaires déjà versés (crédit d’impôt)2CK
Gains de contrats > 8 ans avec abattement2CH

Conseil pratique : reportez-vous ligne par ligne à votre IFU. Les cases y sont généralement indiquées en correspondance. En cas de doute, le service d’assistance téléphonique des impôts ou un conseiller patrimonial peut vous aider à éviter une erreur de report.

Les Hermines : accompagnement fiscal et patrimonial

L’assurance-vie est un outil puissant, mais son optimisation fiscale suppose une vision globale de votre patrimoine. Les conseillers des Hermines Gestion Privée vous accompagnent dans l’arbitrage entre PER et assurance-vie, dans la rédaction des clauses bénéficiaires et dans la gestion des rachats pour minimiser l’imposition annuelle.

FAQ — Assurance-vie et déclaration fiscale 2026

  1. Faut-il déclarer son assurance-vie chaque année aux impôts ?

    Non, tant qu’aucun rachat n’est effectué. L’assurance-vie capitalise en franchise d’impôt. Seuls les rachats (partiels ou totaux) et les intérêts des fonds euros (prélevés annuellement par l’assureur) nécessitent une déclaration.

  2. Comment est calculée la part imposable d’un rachat partiel ?

    La part imposable correspond uniquement à la quote-part de gains contenue dans le rachat, calculée en proportion de la valeur totale du contrat. Le capital remboursé (versements initiaux) n’est jamais imposable.

  3. Quel abattement s’applique sur les contrats de plus de 8 ans ?

    Un abattement annuel de 4 600€ (célibataire) ou 9 200€ (couple) s’applique sur les gains imposables. Il se renouvelle chaque année et s’applique à l’ensemble des contrats détenus.

  4. Les arbitrages internes à l’assurance-vie sont-ils imposables ?

    Non. Les arbitrages entre supports au sein d’un même contrat ne sont pas considérés comme des rachats. Ils n’entraînent aucune imposition et n’ont pas à être déclarés.

  5. L’assurance-vie entre-t-elle dans l’assiette de l’IFI ?

    Uniquement si le contrat contient des unités de compte à sous-jacent immobilier (SCI, SCPI, OPCI). Les supports non immobiliers (fonds euros, actions, obligations) sont hors IFI.

  6. Que se passe-t-il fiscalement si je rachète un contrat ouvert avant 1998 ?

    Les contrats ouverts avant le 26 septembre 1997 bénéficient d’une exonération totale d’impôt sur les gains pour les versements effectués avant cette date. Les règles sont complexes pour les versements ultérieurs — une vérification au cas par cas s’impose.

Nicolas FOUASSIER - Conseiller en Gestion Patrimoine Associé
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