L’été ralentit le rythme professionnel de la plupart des épargnants, ce qui en fait une période propice pour reprendre en main un dossier souvent délaissé : le suivi de son assurance-vie. Faire le point sur son assurance-vie consiste à vérifier quatre éléments : la performance de ses supports, le niveau des frais prélevés, la cohérence de son allocation avec ses objectifs, et l’actualité de sa clause bénéficiaire. Cette revue ne garantit aucun gain futur, mais elle permet de s’assurer que le contrat reste au service de la stratégie patrimoniale d’ensemble.
Chez le Cabinet Les Hermines, ce point annuel fait partie du suivi que nous assurons pour nos clients à Paris, Rennes, Laval et Cannes, aux côtés du reste de leur patrimoine (immobilier, fiscalité, transmission). Voici la méthode que nous appliquons.
Pourquoi l’été est le bon moment pour faire le point sur son assurance-vie
Le calendrier fiscal et administratif de l’assurance-vie ne connaît pas de pause estivale : les prélèvements sociaux continuent de s’appliquer sur les fonds euros, les relevés annuels d’information arrivent souvent en cours d’année, et les événements de vie (naissance, mariage, divorce) qui justifient une mise à jour de la clause bénéficiaire ne préviennent pas. L’été offre en revanche un avantage pratique : moins de sollicitations professionnelles, plus de temps pour rassembler ses relevés et les comparer sereinement.
Ce moment est d’autant plus pertinent en 2026 que le cadre fiscal de l’assurance-vie a été confirmé sans changement majeur par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Contrairement au plan d’épargne retraite ou au compte-titres, l’assurance-vie a été explicitement exclue de la hausse de la contribution sociale généralisée qui porte les prélèvements sociaux à 18,6% sur d’autres supports d’épargne. Les prélèvements sociaux sur l’assurance-vie restent donc fixés à 17,2%. Cette stabilité réglementaire permet de faire un point serein, sans avoir à intégrer une réforme en cours.
Ce point fait partie du suivi que nous assurons pour nos clients. Si vous n’êtes pas encore accompagné et souhaitez qu’un conseiller du Cabinet Les Hermines intègre votre assurance-vie à votre stratégie patrimoniale, un premier échange est possible sans engagement.
Première étape : regarder la performance de ses supports avec discernement
La performance d’un contrat d’assurance-vie se lit à deux niveaux distincts : le fonds euros, à capital garanti, et les unités de compte, sans garantie en capital.
Sur les fonds euros, le rendement moyen du marché s’est établi autour de 2,6% en 2025, une troisième année consécutive à un niveau comparable selon France Assureurs. Ce chiffre est une moyenne de marché à visée illustrative : il ne préjuge en rien du taux servi par un contrat individuel, ni des taux futurs, qui dépendent de la politique de chaque assureur et de l’environnement des taux d’intérêt.
Sur les unités de compte, la lecture doit être plus prudente encore. Une unité de compte peut avoir progressé, stagné ou reculé sur l’année, en fonction des marchés financiers sous-jacents (actions, obligations, immobilier). Il n’existe aucune garantie de performance sur ces supports, et les performances passées ne préjugent jamais des performances futures.
Les bons réflexes pour cette étape :
- Comparer le taux net de frais de gestion servi sur le fonds euros avec la moyenne de marché communiquée par l’assureur ou par France Assureurs
- Vérifier la performance de chaque unité de compte sur 1, 3 et 5 ans via le document d’informations clés (DIC) de chaque fonds
- Ne jamais arbitrer uniquement sur la base d’une performance passée récente
Deuxième étape : vérifier le niveau réel des frais
Les frais sont souvent le poste le moins visible d’un contrat d’assurance-vie, alors qu’ils pèsent directement sur la performance nette dans la durée. Un contrat peut comporter plusieurs familles de frais : frais sur versement, frais de gestion annuels sur le fonds euros et sur les unités de compte, frais d’arbitrage, et frais internes aux supports eux-mêmes (rétrocessions de commissions notamment).
Les contrats commercialisés depuis la transposition de la directive européenne sur la distribution d’assurances et depuis la loi Pacte de 2019 doivent afficher l’ensemble de ces frais de façon transparente. Ce niveau de frais varie sensiblement d’un contrat à l’autre, et surtout selon le mode de gestion choisi : un support en gestion libre coûte généralement moins qu’un support en gestion pilotée ou sous mandat, où un professionnel ajuste l’allocation à la place du souscripteur. De la même manière, un fonds indiciel réplique un indice à moindre coût qu’un fonds activement géré, où une équipe de gestion sélectionne les titres.
Ce différentiel de frais n’est pas anodin : cumulé sur dix ou vingt ans, il peut représenter un écart significatif sur le capital final, sans qu’aucun rendement supplémentaire ne soit garanti en contrepartie d’un fonds plus cher. Le tableau standardisé des frais, remis obligatoirement par l’assureur avant la souscription et disponible pour tout contrat en cours, permet de comparer précisément ces niveaux de frais contrat par contrat.
Attention : l’administration fiscale ne permet pas de déduire les frais d’assurance-vie des revenus imposables. Ces frais sont toutefois prélevés en amont par l’assureur, si bien que la fiscalité s’applique ensuite sur la performance nette de frais.
Si les frais du contrat paraissent élevés, une option existe depuis la loi Pacte de 2019 (article 72) : transformer son contrat en un autre contrat proposé par le même assureur, tout en conservant l’antériorité fiscale acquise. Ce transfert dit « interne » ne constitue pas un rachat sur le plan fiscal et ne déclenche donc pas d’imposition. Il reste cependant soumis à plusieurs limites : il n’est possible qu’au sein de la même compagnie d’assurance (et non vers un concurrent), l’assureur n’est pas tenu de l’accepter, et les délais de traitement varient fortement d’un assureur à l’autre, de quelques jours à plusieurs mois selon les acteurs.
Troisième étape : réexaminer la cohérence de son allocation
L’allocation d’un contrat d’assurance-vie désigne la répartition entre fonds euros et unités de compte, ainsi que la nature des unités de compte choisies (actions, obligations, immobilier via SCPI, fonds diversifiés). Cette répartition doit rester cohérente avec l’horizon de placement, la tolérance au risque et les objectifs patrimoniaux du souscripteur, qui évoluent avec le temps.
Un contrat ouvert il y a quinze ans avec une répartition adaptée à l’époque peut ne plus correspondre à la situation actuelle du souscripteur, notamment à l’approche de la retraite ou d’un projet de transmission. À l’inverse, un contrat resté 100% en fonds euros depuis son ouverture, alors que l’horizon de placement est encore long, peut manquer d’opportunités de diversification, sans que cela constitue pour autant une erreur en soi : le fonds euros reste le seul support à capital garanti du contrat.
La diversification entre plusieurs classes d’actifs peut contribuer à répartir certains risques, mais elle ne supprime ni le risque de perte en capital sur les unités de compte, ni les autres risques inhérents à l’investissement (risque de marché, de liquidité, de contrepartie).
Risques et points de vigilance
L’assurance-vie multisupport comporte des risques qu’il convient de garder à l’esprit lors de toute revue de contrat :
- Risque de perte en capital sur les unités de compte, qui ne bénéficient d’aucune garantie, contrairement au fonds euros
- Risque de liquidité sur certains supports, notamment les SCPI ou fonds immobiliers logés en unités de compte, dont la revente peut être différée
- Risque de marché lié aux fluctuations des actions, obligations ou de l’immobilier sous-jacent
- Risque fiscal en cas de rachat avant huit ans ou de dépassement des seuils d’abattement, qui peut alourdir la taxation appliquée
- Risque de contrepartie, lié à la solidité financière de l’assureur, encadré en France par des mécanismes de garantie mais non nul
Quatrième étape : la clause bénéficiaire, l’élément le plus souvent négligé
La clause bénéficiaire désigne les personnes qui recevront le capital du contrat au décès du souscripteur, en dehors du cadre classique de la succession, conformément à l’article L132-12 du Code des assurances. C’est elle qui conditionne l’application des abattements fiscaux propres à l’assurance-vie : jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire pour les primes versées avant les 70 ans du souscripteur (article 990 I du CGI), ou un abattement global de 30 500 euros pour les primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI).
Une clause rédigée à l’ouverture du contrat, parfois dix ou vingt ans auparavant, peut être devenue obsolète au regard de la situation familiale actuelle : mariage, divorce, naissance, décès d’un bénéficiaire, recomposition familiale. Une clause non actualisée peut conduire à des situations non désirées, par exemple le maintien d’un ex-conjoint comme bénéficiaire désigné, ou l’absence de mention couvrant un enfant né après la souscription.
Le souscripteur peut modifier sa clause bénéficiaire à tout moment, sans l’accord des bénéficiaires, sauf dans un cas précis : si un bénéficiaire a formellement accepté le bénéfice du contrat de son vivant, conformément à l’article L132-9 du Code des assurances, cette acceptation nécessite alors son accord pour toute modification ultérieure de la clause. Cette situation reste rare en pratique mais mérite d’être vérifiée avant tout projet de modification dans une logique de transmission de patrimoine.
Tableau checklist : les points à vérifier sur chaque contrat d’assurance-vie
| Point à vérifier | Question à se poser | Fréquence recommandée |
|---|---|---|
| Performance fonds euros | Le taux servi est-il cohérent avec la moyenne de marché ? | Annuelle, à réception du relevé |
| Performance unités de compte | Chaque support a-t-il évolué conformément à mes attentes sur 3-5 ans ? | Annuelle |
| Frais de gestion | Le total des frais est-il inférieur à 1% sur les supports en gestion passive ? | Annuelle |
| Allocation | La répartition fonds euros/UC correspond-elle toujours à mon horizon et à mes objectifs ? | Tous les 2-3 ans ou à chaque événement de vie |
| Clause bénéficiaire | La formulation reflète-t-elle ma situation familiale actuelle ? | À chaque événement de vie (mariage, divorce, naissance, décès) |
| Contrat actif ou endormi | Ai-je effectué un versement ou un arbitrage récent ? | Annuelle |
Le cas particulier du contrat « endormi »
Un contrat d’assurance-vie est considéré comme en déshérence lorsque l’assureur n’a plus de contact avec le souscripteur et que le contrat n’a fait l’objet d’aucun mouvement depuis plusieurs années, ou lorsque le souscripteur est décédé sans que l’assureur en ait été informé. La loi du 13 juin 2014, dite loi Eckert, encadre strictement les obligations des assureurs dans ce cas : recherche des bénéficiaires potentiels, information de l’assuré ou de ses ayants droit, et versement des capitaux dans des délais précis, sous peine de pénalités de retard pouvant atteindre le double puis le triple du taux d’intérêt légal.
Selon la Caisse des dépôts et consignations, gestionnaire du dispositif Ciclade, plusieurs milliards d’euros d’épargne restent non réclamés chaque année en France, dont une part significative provient de contrats d’assurance-vie oubliés :
Près de 1,2 milliard d’euros ont été restitués via le service Ciclade depuis sa création en 2017, dont 164,4 millions d’euros au titre de la seule année 2025, pour un montant moyen de 943 euros par dossier. En 2025, 200 000 demandes de restitution ont été déposées sur ciclade.fr pour environ 174 000 paiements effectués.
Les bons réflexes si vous soupçonnez un contrat endormi (le vôtre ou celui d’un proche) :
- Rassembler les documents disponibles (relevés, courriers d’assureur, avis d’imposition mentionnant des revenus de contrats)
- Contacter directement l’assureur identifié pour demander confirmation de l’existence du contrat
- En l’absence d’identification de l’assureur, effectuer une recherche via le service Ciclade de la Caisse des dépôts
- Vérifier, une fois le contrat retrouvé, que la clause bénéficiaire et l’allocation restent d’actualité avant toute décision
Que faire concrètement cet été ?
Cette revue ne nécessite pas de décision immédiate ni d’arbitrage dans l’urgence. Elle a pour but de poser un diagnostic clair, contrat par contrat, avant la reprise de rythme de la rentrée. Trois issues sont possibles à l’issue de ce diagnostic : le contrat reste globalement adapté et seule la clause bénéficiaire mérite une mise à jour ; le contrat présente des frais ou une allocation à revoir, ce qui peut justifier un arbitrage interne ou un transfert loi Pacte au sein du même assureur ; ou le contrat s’avère structurellement daté, ce qui peut justifier l’ouverture d’un nouveau contrat en parallèle, sans clôturer l’ancien, pour préserver son antériorité fiscale.
Cette dernière option, dite de « multi-détention », permet de conserver l’ancienneté fiscale du contrat existant tout en accédant à des conditions plus modernes sur un nouveau support, sans déclencher d’imposition sur les gains déjà accumulés.
🗓️ Devenir client du Cabinet Les Hermines à Paris, c’est bénéficier d’un suivi patrimonial incluant ce type de revue annuelle. Prenez rendez-vous pour un premier échange, sans engagement.
Ce contenu est fourni à titre purement informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement, une recommandation personnalisée, ni une proposition de souscription à un produit financier ou immobilier. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Consultez un professionnel qualifié — comme les conseillers du Cabinet Les Hermines — pour toute décision patrimoniale adaptée à votre situation.

FAQ
Pourquoi faire le point sur son assurance-vie en été plutôt qu’à un autre moment ?
L’été n’a pas de valeur réglementaire particulière, mais c’est une période où les épargnants disposent généralement de plus de temps pour rassembler leurs relevés et comparer leurs contrats avant la reprise de rythme de septembre.
Quels documents faut-il rassembler pour faire le point sur son assurance-vie ?
Le relevé annuel d’information transmis par l’assureur, les derniers relevés de performance par support, le document précisant les frais applicables, et une copie de la clause bénéficiaire en vigueur.
Qu’est-ce qu’un contrat d’assurance-vie « endormi » ?
C’est un contrat sans mouvement depuis plusieurs années, ou pour lequel l’assureur n’a plus de contact avec le souscripteur, parfois parce que ce dernier est décédé sans que l’assureur en ait été informé. La loi Eckert de 2014 encadre les obligations de recherche et de versement dans ce cas.
Comment mettre à jour sa clause bénéficiaire d’assurance-vie ?
Il suffit généralement d’adresser un courrier ou un avenant à l’assureur. La modification est libre à tout moment, sauf si un bénéficiaire a formellement accepté le bénéfice du contrat de son vivant, auquel cas son accord devient nécessaire.
Peut-on changer d’assurance-vie sans perdre son antériorité fiscale ?
Oui, depuis la loi Pacte de 2019, un transfert vers un autre contrat du même assureur permet de conserver l’antériorité fiscale. Ce transfert n’est en revanche pas possible vers un assureur concurrent sans passer par un rachat, ce qui déclenche l’imposition des gains.
Quelle est la fiscalité applicable à un rachat d’assurance-vie en 2026 ?
Avant huit ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30% (12,8% d’impôt et 17,2% de prélèvements sociaux). Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) s’applique sur les gains, le solde étant taxé à 7,5% jusqu’à 150 000 euros de primes versées, puis à 12,8% au-delà, prélèvements sociaux inclus en sus.
Faut-il diversifier son assurance-vie entre fonds euros et unités de compte ?
La diversification peut contribuer à répartir certains risques, mais elle ne supprime ni le risque de perte en capital sur les unités de compte, ni les autres risques liés à l’investissement. Le choix dépend de l’horizon de placement et de la tolérance au risque de chaque souscripteur.




