Assurance-vie et succession : comment fonctionne l’avantage fiscal et comment le maximiser

2 Avr 2025 | Assurance-vie, Optimisation fiscale, Transmission du patrimoine

Un couple de quinquagénaires relisant leur contrat d'assurance-vie pour l'ajuster
Nicolas FOUASSIER - Conseiller en Gestion Patrimoine Associé

Nicolas FOUASSIER
Plus de 500 clients nous font confiance pour l'optimisation de leur fiscalité..

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Dupin Regis
01/09/2026
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Jean-Paul SAUVAGE
29/08/2026
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Un échange direct constructif et argumenté qui a répondu pleinement à mon attente. Encore merci
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Maxime
27/08/2026
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Merci à Tom pour son accompagnement tout au long de mon projet d’acquisition. Son accompagnement a été précieux et m’a permis d’avancer sereinement dans ce beau projet. Je recommande vivement !
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julie cormy
29/06/2026
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Nous sommes très satisfaits de l'accompagnement proposé par le cabinet Les Hermines. Dès notre premier échange, Daniel a su être à l'écoute de nos attentes, de nos objectifs et de nos interrogations. Son professionnalisme, sa disponibilité et ses explications claires nous ont permis d'aborder notre premier investissement avec sérénité. Tout au long de notre projet, nous avons bénéficié d'un suivi personnalisé et de conseils adaptés à notre situation. Nous avons particulièrement apprécié sa réactivité, sa transparence et le temps qu'il a pris pour répondre à chacune de nos questions. Nous sommes ravis d'avoir été accompagnés par Daniel pour cette première étape importante et nous avons pleinement confiance en lui pour nous conseiller dans nos futurs projets patrimoniaux. Nous recommandons le cabinet Les Hermines sans hésitation.
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Delphine Chesnaie
04/05/2026
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Nous tenons à remercier chaleureusement Daniel pour la qualité de son accompagnement en gestion de patrimoine. Il a fait preuve d’une grande pédagogie et d’une patience remarquable, prenant le temps d’expliquer chaque étape avec clarté. Nous avons particulièrement apprécié sa capacité à rendre accessible des sujets complexes, notamment en matière de placements immobiliers, en les simplifiant sans jamais les dénaturer. Ses explications sont structurées, compréhensibles et adaptées à notre niveau, ce qui met vraiment en confiance. Par ailleurs, Daniel se distingue par son approche sincère et respectueuse : il ne pousse pas à la signature et laisse le temps de réfléchir sereinement. Cette transparence et cette éthique professionnelle sont très appréciables.
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Armelle LENA profile picture
Armelle LENA
03/05/2026
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Excellente expérience avec ce cabinet que nous avons sollicité pour nous accompagner dans la prise d'une décision importante. Nous avons été conseillés par Daniel Steinbacher qui s'est montré très à l'écoute et très pédagogue.
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Marion Hareng
13/04/2026
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Nous avons grandement apprécié notre accompagnement par Tom Marchand qui, malgré notre petit capital, a su nous accueillir au sein du cabinet et nous guider vers des supports d'investissement qui répondaient à nos objectifs.
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Olivier Kerdreux profile picture
Olivier Kerdreux
13/04/2026
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Excellente expérience avec Daniel qui a su adapter son discours à des clients avec des niveaux de connaissances différents. Différents produits nous ont été proposés en lien avec nos objectifs et le niveau de risque acceptable. Merci encore.
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Joan Sizun profile picture
Joan Sizun
01/04/2026
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Excellents échanges. Merci à Daniel pour sa disponibilités et ses conseils. Je recommande !

La plupart des patrimoines transmis en France passent par la succession classique et paient des droits en conséquence. L'assurance-vie échappe à ce régime. Les capitaux versés au décès ne font pas partie de la succession, ne sont pas soumis au barème progressif des droits de mutation, et peuvent aller à n'importe qui, enfant, neveu, ami, concubin, avec une fiscalité bien plus favorable que celle que les héritiers subissent en droit commun.

C'est écrit noir sur blanc dans le Code général des impôts : les articles 990 I et 757 B organisent un régime fiscal propre à l'assurance-vie, distinct de tout autre placement. L'abattement est de 152 500€ par bénéficiaire sur les sommes issues de primes versées avant 70 ans, indépendamment du lien de parenté. Au-delà, le prélèvement est de 20% jusqu'à 700 000€ de part taxable (soit 852 500€ de capital total reçu), puis de 31,25% au-delà. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, quelle que soit la date des versements.

Mais cet avantage n'est pas automatique. La clause bénéficiaire mal rédigée, les versements tardifs non anticipés, ou l'absence de stratégie globale peuvent réduire à zéro le bénéfice fiscal. Dans cet article, nous expliquons le mécanisme dans le détail, les erreurs les plus fréquentes, et les leviers à activer pour que vos proches bénéficient pleinement de ce cadre fiscal dérogatoire.

À retenirL'assurance-vie transmet les capitaux hors succession, sous un régime fiscal propre (art. 990 I et 757 B CGI). L'abattement est de 152 500€ par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés (art. 796-0 bis CGI). La rédaction de la clause bénéficiaire et la date des versements sont les deux leviers principaux à piloter.

Le régime fiscal de l'assurance-vie en cas de décès : deux articles, deux logiques

L'assurance-vie obéit à deux régimes fiscaux distincts selon l'âge du souscripteur au moment des versements. La date à retenir n'est pas l'âge à la souscription du contrat, ni à son dénouement : c'est l'âge au moment de chaque prime versée. Un même contrat peut donc relever des deux régimes si vous l'avez alimenté avant et après vos 70 ans.

Primes versées avant 70 ans : l'article 990 I CGI

C'est le régime le plus favorable. Pour chaque bénéficiaire désigné dans la clause bénéficiaire, les capitaux reçus sont exonérés à hauteur de 152 500€ tous contrats confondus pour un même assuré. Cet abattement est individuel : si vous désignez trois bénéficiaires, chacun dispose de ses propres 152 500€.

Au-delà de cet abattement, un prélèvement spécifique s'applique, indépendant du lien de parenté :

Fraction taxable par bénéficiaireCapital total reçu par bénéficiaireTaux du prélèvement
De 0 à 152 500€Jusqu'à 152 500€0% (exonération totale)
De 0 à 700 000€ de fraction taxableDe 152 501€ à 852 500€20%
Au-delà de 700 000€ de fraction taxableAu-delà de 852 500€31,25%

Source : article 990 I du Code général des impôts (Légifrance). Ces seuils sont maintenus par la loi de finances 2026.

Point de précision importantLe seuil de 700 000€ s'entend de la fraction taxable, c'est-à-dire le capital reçu après déduction de l'abattement de 152 500€. Un bénéficiaire ne bascule donc à 31,25% qu'au-delà de 852 500€ de capital total reçu, pas de 700 000€. La confusion est fréquente et peut mener à sous-estimer l'avantage réel du dispositif.

Ce prélèvement est prélevé directement par l'assureur avant versement au bénéficiaire. Il s'applique identiquement qu'il s'agisse d'un enfant, d'un neveu ou d'un ami, là où les droits de succession classiques varient de 20% pour un enfant à 60% pour une personne sans lien de parenté. C'est précisément cet avantage qui rend l'assurance-vie utile pour des transmissions hors famille ou vers des proches éloignés.

Primes versées après 70 ans : l'article 757 B CGI

Le régime change radicalement à partir de 70 ans. Les primes versées après cet âge sont réintégrées à la succession et soumises aux droits de mutation à titre gratuit, selon le barème classique et le lien de parenté.

Un abattement global de 30 500€ s'applique, mais il est partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats confondus. C'est un abattement unique, pas un abattement par personne. Ce qui excède 30 500€ entre dans la masse successorale et est taxé aux droits de succession ordinaires.

Cela dit, ce régime comporte un avantage souvent sous-estimé : les intérêts et plus-values générés par les primes versées après 70 ans restent totalement exonérés de droits de succession. Seules les primes brutes sont concernées, pas les gains. Sur un contrat alimenté de 80 000€ après 70 ans qui vaut 110 000€ au décès, seuls 80 000€ (moins 30 500€) entrent en succession — les 30 000€ de gains sont exonérés.

Le cas du conjoint et du partenaire de PACS : exonération totale

C'est un principe absolu, souvent ignoré dans les articles sur le sujet. Le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés de prélèvement sur l'assurance-vie, qu'il s'agisse de l'article 990 I ou de l'article 757 B (art. 796-0 bis CGI). Quelle que soit la date des versements, quel que soit le montant, aucun droit n'est dû par le conjoint ou le partenaire de PACS bénéficiaire.

Cette exonération a une conséquence stratégique directe : désigner son conjoint comme premier bénéficiaire n'a aucun coût fiscal. Mais cela réduit mécaniquement ce qui reviendra aux enfants ou aux autres bénéficiaires. La structuration de la clause bénéficiaire doit intégrer cet arbitrage explicitement.

La clause bénéficiaire : le levier le plus décisif, le plus souvent négligé

La clause bénéficiaire est le document qui détermine à qui vont les capitaux au décès. C'est elle, et elle seule, qui garantit que l'argent sort bien de la succession et bénéficie du régime fiscal dérogatoire de l'assurance-vie. Une clause mal rédigée ou oubliée peut anéantir des décennies d'épargne.

Quand la clause fait entrer le capital dans la succession

Si la clause bénéficiaire désigne "mes héritiers légaux" ou reste vide, le capital décès réintègre la succession. Il est alors soumis aux droits de mutation classiques exactement comme un bien immobilier ou un compte bancaire. L'avantage fiscal disparaît intégralement.

C'est une erreur que nous observons régulièrement chez des clients qui pensaient avoir "fait le nécessaire" en souscrivant un contrat. La souscription seule ne suffit pas. La désignation doit être précise, nominative ou qualifiée, et mise à jour à chaque changement de situation familiale.

Structurer la clause pour maximiser les abattements

Chaque bénéficiaire nommément désigné dispose de son propre abattement de 152 500€. Désigner quatre bénéficiaires sur un contrat de 600 000€ plutôt qu'un seul, c'est potentiellement transmettre l'intégralité du capital sans aucun prélèvement fiscal. L'effet est considérable : avec quatre bénéficiaires, le seuil d'exonération totale monte à 610 000€ pour un même contrat.

La répartition entre bénéficiaires peut être précisée en pourcentages ou en montants fixes. Des bénéficiaires de rang secondaire peuvent être prévus en cas de décès ou de renonciation d'un bénéficiaire principal. Une clause bien rédigée anticipe ces situations, elle ne laisse pas l'assureur improviser.

La clause démembrée : une stratégie avancée

Il est possible de désigner un bénéficiaire en usufruit et un autre en nue-propriété sur le capital décès. La technique la plus courante consiste à désigner le conjoint en usufruit (il dispose du capital de son vivant) et les enfants en nue-propriété (ils récupèrent la pleine propriété au décès du conjoint). Ce montage permet de protéger le conjoint sans priver les enfants, et génère souvent une optimisation fiscale complémentaire. Il nécessite une rédaction précise et un conseil professionnel.

Erreurs fréquentes à éviterClause non actualisée après un divorce : l'ex-conjoint peut rester bénéficiaire si la clause n'est pas modifiée. Clause "mes enfants nés et à naître" sans précision de répartition : peut générer des conflits si les enfants ne s'entendent pas sur la répartition. Clause désignant une association caritative non reconnue d'utilité publique : aucune exonération possible, le prélèvement 990 I s'applique. La clause peut être modifiée à tout moment par simple courrier à l'assureur sans accord du bénéficiaire, sauf si celui-ci a accepté formellement la clause.

Versements avant ou après 70 ans : comment piloter la date de vos primes

La date de vos 70 ans est un seuil fiscal réel, pas symbolique. Les primes versées la veille de votre 70e anniversaire relèvent de l'article 990 I (abattement 152 500€ par bénéficiaire). Celles versées le lendemain relèvent de l'article 757 B (abattement global 30 500€). L'enjeu peut représenter des dizaines de milliers d'euros de différence pour vos bénéficiaires.

Avant 70 ans : alimenter autant que possible

Chaque euro versé avant 70 ans bénéficie du régime 990 I, plus favorable. L'idéal est de constituer progressivement l'épargne assurance-vie dès que possible, pas pour des raisons de rendement, mais parce que le cadre fiscal est nettement plus avantageux pour la transmission. Il n'y a pas de plafond de versement sur un contrat d'assurance-vie (contrairement à un PEA ou un livret A).

Cela dit, les versements ne doivent pas être manifestement exagérés par rapport à votre patrimoine global et à votre situation financière. L'article L.132-13 du Code des assurances permet aux héritiers réservataires de contester des primes excessives devant les tribunaux. La jurisprudence est constante sur ce point : l'appréciation du caractère excessif se fait au moment du versement, en tenant compte de votre âge, de vos revenus et de l'utilité économique du contrat pour vous.

Après 70 ans : continuer, mais avec une stratégie différente

Verser après 70 ans reste intéressant, à condition de ne pas se limiter à l'abattement de 30 500€. La raison : les gains générés après versement sont exonérés de droits de succession, indépendamment du montant. Un contrat alimenté de 150 000€ après 70 ans, qui génère 50 000€ d'intérêts, ne transmet que 150 000€ en succession (moins 30 500€). Les 50 000€ de gains ne sont jamais taxés.

Sur des contrats de longue durée avec un horizon de 10 à 20 ans, cet avantage sur les gains peut compenser largement le régime moins favorable sur le capital. La stratégie post-70 ans ne se réduit pas à "ne plus verser" : elle demande une analyse précise de votre espérance de gain et de la composition de votre patrimoine global.

Vous approchez de vos 70 ans ou venez de les passer ?

La date de vos versements peut faire une différence significative pour vos bénéficiaires. Un bilan patrimonial offert vous permet d'identifier les arbitrages à réaliser maintenant, avant que la fenêtre fiscale ne se ferme.Faire mon bilan patrimonial offert →

Faut-il souscrire plusieurs contrats d'assurance-vie ?

La question revient souvent. La réponse courte : multiplier les contrats ne multiplie pas les abattements, ceux-ci sont calculés par bénéficiaire et par assuré, tous contrats confondus. Un bénéficiaire qui reçoit des capitaux de trois contrats du même assuré dispose d'un seul abattement de 152 500€ sur l'ensemble.

Ce qui change avec plusieurs contrats, c'est la flexibilité de gestion. Plusieurs contrats permettent de :

  • Séparer clairement les primes versées avant et après 70 ans, ce qui simplifie le calcul fiscal au décès et évite les litiges avec l'administration.
  • Diversifier les assureurs et les gammes de supports disponibles (fonds en euros, unités de compte, private equity via contrats luxembourgeois).
  • Désigner des bénéficiaires différents sur chaque contrat, avec des clauses adaptées à chaque situation familiale.
  • Piloter les rachats en cours de vie depuis les contrats les moins performants ou les moins anciens fiscalement.

La bonne question n'est donc pas "combien de contrats ?" mais "quelle répartition entre contrats pour atteindre mes objectifs de transmission et de gestion de l'épargne ?" C'est une décision qui dépend de votre situation personnelle, et rarement une décision que l'on prend utilement sans simulation comparative.

Assurance-vie versus succession classique : ce que les chiffres montrent

Pour comprendre l'intérêt réel de l'assurance-vie en transmission, il faut comparer avec ce que paierait un bénéficiaire s'il recevait les mêmes sommes par héritage classique.

SituationSuccession classique (enfant)Assurance-vie (art. 990 I)
Capital transmis : 200 000€Abattement 100 000€ → droits sur 100 000€ → environ 18 194€Abattement 152 500€ → prélèvement sur 47 500€ → 9 500€
Capital transmis : 400 000€Abattement 100 000€ → droits sur 300 000€ → environ 57 000€Abattement 152 500€ → prélèvement sur 247 500€ → 49 500€
Capital transmis à un tiers (ami)Abattement 1 594€ → droits à 60% sur le soldeAbattement 152 500€ → 20% sur le solde (même traitement qu'un enfant)

Calculs approximatifs basés sur le barème des droits de succession en vigueur (art. 777 CGI) et le prélèvement art. 990 I CGI. Ne constituent pas un conseil personnalisé.

L'écart est particulièrement marqué pour des transmissions à des personnes sans lien de parenté direct. Un ami, un neveu, un concubin paieraient jusqu'à 60% de droits de succession en droit commun. L'assurance-vie les place fiscalement au même niveau qu'un enfant (20% après abattement de 152 500€). C'est une des rares situations où la fiscalité peut radicalement changer qui reçoit quoi dans une succession.

Intégrer l'assurance-vie dans une stratégie patrimoniale globale

L'assurance-vie n'est efficace en transmission que si elle est coordonnée avec le reste de votre patrimoine. Un contrat bien structuré peut entrer en contradiction avec votre testament, avec votre régime matrimonial, ou avec les dispositions prises pour vos autres actifs et créer exactement les problèmes qu'il était censé éviter.

Coordination avec le testament

L'assurance-vie est hors succession : elle ne peut pas être modifiée par un testament. Mais elle influe sur l'équilibre de la transmission globale. Si vous léguez l'essentiel de votre patrimoine immobilier à un enfant et l'assurance-vie à un autre, les montants doivent être pensés ensemble pour éviter des déséquilibres que les héritiers pourraient contester notamment au titre de la réserve héréditaire, si les primes sont jugées manifestement exagérées.

Le rôle du régime matrimonial

En communauté légale, les primes versées avec des fonds communs peuvent être partiellement réintégrées à la communauté au moment du décès, si l'autre époux conteste. La question se pose notamment sur des versements importants réalisés peu avant le décès. Une convention matrimoniale adaptée ou l'utilisation de fonds propres pour alimenter le contrat peut éviter ce risque. C'est un point à vérifier avec un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine.

La complémentarité avec le PER et les donations

L'assurance-vie et le Plan Épargne Retraite (PER) répondent à des logiques différentes mais complémentaires. Le PER réduit votre imposition pendant la vie active ; l'assurance-vie optimise la transmission après le décès. Les donations de votre vivant peuvent compléter les deux, avec leurs propres abattements (100 000€ par enfant et par parent, renouvelables tous les 15 ans, art. 779 CGI). Ces outils ne se substituent pas les uns aux autres, ils s'accumulent pour constituer une stratégie cohérente.

Les Hermines vous accompagnent sur votre stratégie de transmission

Notre équipe à Rennes, Paris, Laval et Cannes travaille régulièrement sur des problématiques de transmission patrimoniale : clause bénéficiaire, arbitrage avant/après 70 ans, coordination avec testament et donations. Si vous souhaitez évaluer votre situation actuelle, le premier échange est offert et sans engagement. Prendre rendez-vous avec un conseiller →

Questions fréquentes sur l'assurance-vie et la succession

Quel est l'abattement de l'assurance-vie en cas de décès ?

Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné bénéficie d'un abattement de 152 500€ sur le capital reçu, tous contrats confondus pour un même assuré (art. 990 I CGI). Au-delà, un prélèvement de 20% s'applique sur la fraction taxable jusqu'à 700 000€ (soit 852 500€ de capital total), puis 31,25% au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement est global et limité à 30 500€ partagé entre tous les bénéficiaires (art. 757 B CGI).

Le conjoint est-il exonéré sur l'assurance-vie ?

Oui, totalement. Le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS ne paient aucun prélèvement sur les capitaux décès d'une assurance-vie, quelle que soit la date des versements et quel que soit le montant (art. 796-0 bis CGI). Cette exonération est absolue et ne dépend pas de la clause bénéficiaire, du montant du contrat, ni du régime matrimonial. Elle ne s'applique pas au simple concubin, qui reste soumis au régime 990 I.

Que se passe-t-il si je ne désigne pas de bénéficiaire sur mon assurance-vie ?

Si la clause bénéficiaire est vide ou désigne "mes héritiers légaux", le capital décès réintègre la succession. Il est alors soumis au barème classique des droits de mutation à titre gratuit, selon le lien de parenté et perd l'intégralité du régime fiscal dérogatoire de l'assurance-vie. C'est l'erreur la plus coûteuse à éviter : elle annule l'avantage principal du produit.

Comment fonctionne la fiscalité de l'assurance-vie après 70 ans ?

Les primes versées après 70 ans entrent dans la succession ordinaire, après un abattement global de 30 500€ partagé entre tous les bénéficiaires. Ce qui excède 30 500€ est soumis aux droits de succession selon le lien de parenté. En revanche, les intérêts et plus-values générés par ces primes restent totalement exonérés de droits de succession (art. 757 B CGI). Verser après 70 ans reste donc intéressant, en particulier sur des horizons longs où les gains peuvent être significatifs.

Peut-on cumuler l'abattement assurance-vie et l'abattement successoral classique ?

Oui. Ces abattements sont indépendants et cumulables. Un parent peut donner 100 000€ à son enfant via donation (abattement art. 779 CGI, renouvelable tous les 15 ans) et lui transmettre jusqu'à 152 500€ supplémentaires via assurance-vie sans aucun prélèvement. Soit 252 500€ transmis par parent et par enfant en franchise totale, en combinant les deux outils. Les deux régimes s'appliquent sur des assiettes différentes et ne se neutralisent pas.

Qu'est-ce que les "primes manifestement exagérées" en assurance-vie ?

L'article L.132-13 du Code des assurances prévoit que des héritiers réservataires peuvent contester des primes versées si leur montant est disproportionné par rapport au patrimoine et aux revenus du souscripteur au moment du versement. Il n'existe pas de seuil fixe : c'est une appréciation au cas par cas par les tribunaux. Les critères retenus sont l'âge du souscripteur, son utilité économique du contrat, et la part des primes dans le patrimoine total. Pour des versements importants, une analyse préalable avec un conseiller est recommandée.

L'assurance-vie est-elle soumise aux droits de succession ?

En principe non, sous conditions. Les capitaux issus de primes versées avant 70 ans ne font pas partie de la succession et ne sont pas soumis aux droits de mutation classiques. Ils relèvent du prélèvement spécifique de l'article 990 I CGI. Les capitaux issus de primes versées après 70 ans intègrent partiellement la succession (au-delà de 30 500€ d'abattement global). La condition absolue est que la clause bénéficiaire désigne nommément une ou des personnes physiques et non les "héritiers légaux".

Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé en gestion de patrimoine. Les données fiscales citées (abattements, taux, seuils) sont issues des articles 990 I, 757 B et 796-0 bis du Code général des impôts et de l'article L.132-13 du Code des assurances, en vigueur à la date de mise à jour de cet article. Consultez un professionnel qualifié pour toute décision patrimoniale.

L'assurance-vie est un produit d'investissement à long terme. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les contrats en euros sont soumis aux prélèvements sociaux annuels (17,2% en 2026). Un accompagnement personnalisé est recommandé avant toute décision d'investissement ou de transmission.

Nicolas FOUASSIER - Conseiller en Gestion Patrimoine Associé

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