Optimiser la rémunération d’un dirigeant à Bordeaux en 2026 : salaire, dividendes et épargne retraite

13 Avr 2026 | Impôt sur le revenu, Gestion de patrimoine, Optimisation fiscale

Vue du centre-ville de Bordeaux, proche du miroir d'eau, à la tombée de la nuit
Nicolas FOUASSIER - Conseiller en Gestion Patrimoine Associé

Nicolas FOUASSIER
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Pour un dirigeant de société à Bordeaux, la question de la rémunération est l’une des plus stratégiques de l’année. Elle conditionne à la fois le niveau de protection sociale, la fiscalité immédiate, et la constitution d’un patrimoine sur le long terme. Pourtant, beaucoup de chefs d’entreprise subissent leur rémunération plutôt qu’ils ne la pilotent — faute d’arbitrage structuré entre salaire, dividendes et épargne retraite.

La métropole bordelaise, avec son tissu économique dense (PME du secteur vitivinicole, ESN, cabinets d’ingénierie, promoteurs immobiliers, professions libérales organisées en société), concentre des profils de dirigeants dont la situation appelle souvent des stratégies sur mesure. Cet article pose les bases d’un arbitrage cohérent pour 2026.

Les trois leviers de rémunération d’un dirigeant

Un dirigeant de société dispose de trois modes principaux de rémunération, chacun avec son propre régime fiscal et social :

LevierRégime socialRégime fiscalProtection sociale
Salaire (TNS ou assimilé salarié)Cotisations sociales élevées (40-45%)Déductible du résultatRetraite, prévoyance, arrêt maladie
DividendesFlat tax 30% ou barème IR + PSNon déductible du résultatAucune protection supplémentaire
Épargne retraite (PER)Déductible dans les limitesDéduction du revenu imposableComplément retraite futur

Le bon arbitrage n’est jamais universel : il dépend du statut juridique (gérant majoritaire de SARL = TNS, président de SAS = assimilé salarié), du niveau de résultat de la société, de la situation familiale du dirigeant et de ses objectifs patrimoniaux.

Salaire ou dividendes : le vrai comparatif 2026

Le salaire : coûteux mais protecteur

Le versement d’un salaire génère des cotisations sociales importantes, mais il ouvre des droits à la retraite, à la prévoyance et à l’arrêt maladie.

Pour un gérant majoritaire de SARL (TNS — Travailleur Non Salarié) :

  • Cotisations sociales : environ 40-45% du revenu net
  • Protection retraite : régime des indépendants (SSI), moins favorable que le régime général
  • Le salaire est déductible du résultat de la société, réduisant l’IS

Pour un président de SAS ou SA (assimilé salarié) :

  • Charges patronales et salariales cumulées : environ 70-80% du brut
  • Meilleure protection sociale (régime général)
  • Coût total pour la société plus élevé

Les dividendes : attrayants mais limités

Les dividendes sont prélevés sur le résultat net après IS. En 2026, ils supportent :

  • La flat tax (PFU) à 30% : 12,8% d’IR + 17,2% de prélèvements sociaux
  • Ou l’option au barème progressif si elle est plus avantageuse (intéressant pour les TMI faibles ou pour bénéficier de l’abattement de 40%)

Attention pour les gérants majoritaires de SARL : la fraction des dividendes dépassant 10% du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant est soumise aux cotisations sociales TNS. Ce seuil peut transformer un dividende « fiscal » en charge sociale inattendue.

Simulation comparative : 100 000€ à distribuer depuis la société

Hypothèse : société à l’IS avec un résultat disponible de 100 000€, dirigeant en TMI 41%, président de SAS assimilé salarié.

Mode de distributionCoût total sociétéNet perçu par le dirigeantTaux de prélèvement global
Salaire brut180 000€ (charges patronales incluses)~58 000€ net après IR~68%
Dividendes (flat tax)125 000€ (IS 25% + flat tax 30%)~75 000€~25%
Versement PER (déductible IS)100 000€ (déductible résultat)Épargne différéeImposition à la sortie

La lecture est nuancée : les dividendes semblent plus efficaces à court terme, mais ils ne génèrent aucun droit à la retraite et affaiblissent la trésorerie disponible pour réinvestir dans l’entreprise.

L’épargne retraite : le troisième pilier souvent négligé

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) offre aux dirigeants un levier d’optimisation fiscale puissant, tout en construisant un capital pour la retraite.

Fonctionnement pour un dirigeant

Les versements volontaires sur un PER individuel (ex-Madelin) sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel. Pour un dirigeant, ce plafond est calculé comme suit :

  • Option 1 : 10% des revenus professionnels nets de l’année N-1, dans la limite de 8 PASS (soit environ 35 200€ en 2026)
  • Option 2 (TNS) : 10% du bénéfice imposable + 15% de la fraction du bénéfice entre 1 et 8 PASS, soit potentiellement jusqu’à 85 000€

Exemple concret : un gérant majoritaire de SARL bordelais dégageant un revenu net de 150 000€ peut verser jusqu’à ~52 000€ sur son PER en 2026 et déduire l’intégralité de son revenu imposable — économisant environ 21 000€ d’impôt sur le revenu au taux de 41%.

PER et transmission patrimoniale

En cas de décès avant liquidation, les sommes accumulées sur un PER ne font pas partie de la succession et sont transmises aux bénéficiaires désignés hors droits de succession, dans des conditions proches de l’assurance-vie. C’est un argument souvent décisif pour les dirigeants bordelais qui réfléchissent simultanément à leur transmission de patrimoine.

La stratégie d’arbitrage optimale pour un dirigeant bordelais

Il n’existe pas de recette universelle, mais une approche structurée en trois temps permet de dégager la meilleure combinaison :

Étape 1 : Déterminer le salaire minimum nécessaire

Le salaire doit couvrir au minimum :

  • Les besoins de train de vie du foyer
  • Le maintien d’une assiette de cotisations retraite suffisante (notamment pour un TNS)
  • La validation de trimestres pour la retraite de base

Étape 2 : Maximiser le PER avant les dividendes

Le PER est fiscalement plus efficace que les dividendes pour un dirigeant fortement imposé : l’économie d’IR à l’entrée (41% ou 45%) est souvent supérieure à l’imposition à la sortie (retraite = TMI généralement plus faible). De plus, les sommes placées sur le PER sont hors IFI.

Étape 3 : Distribuer les dividendes sur le solde

Une fois les besoins couverts par le salaire et le PER alimenté, les dividendes permettent de compléter les revenus avec une fiscalité maîtrisée (flat tax à 30%).

ProfilSalaire recommandéPER recommandéDividendes
TNS < 100 000€ de résultat40-50 000€ net10-15 000€Solde disponible
TNS 100-300 000€ de résultat60-80 000€ netPlafond maximumSolde disponible
Assimilé salarié > 200 000€80-100 000€ netPlafond maximumSolde disponible

Cas concret : dirigeant de PME bordelaise, secteur services

Situation : Thomas, 48 ans, président de SAS à Bordeaux, secteur conseil. Résultat avant IS : 280 000€. Marié, 2 enfants. TMI : 45%. Propriétaire de sa résidence principale et d’un appartement locatif.

Stratégie recommandée par les Hermines :

  • Salaire brut : 90 000€ (net après charges : ~55 000€)
  • Versement PER : 45 000€ (déductible, économie d’IR : ~20 250€)
  • Dividendes : 60 000€ de résultat net après IS distribués (flat tax : 18 000€)
  • Réinvestissement en société : solde pour financer la croissance

Résultat : une optimisation de ~20 000€ d’impôt sur le revenu via le PER, une protection retraite renforcée, et un patrimoine financier en constitution — le tout cohérent avec la stratégie globale de gestion privée et de préparation à la cession d’entreprise.

Bordeaux : spécificités locales à prendre en compte

Le tissu économique bordelais présente des particularités qui influencent les stratégies de rémunération :

Secteur vitivinicole : les exploitants agricoles et gérants de châteaux en société (EARL, SCEV) bénéficient de régimes spécifiques (déductions Madelin agricoles, DPA — Déduction pour Aléas) qui élargissent les possibilités d’épargne retraite.

Professions libérales en société : avocats, architectes, experts-comptables constitués en SELARL bénéficient du statut TNS et peuvent optimiser leur rémunération via les contrats Madelin de prévoyance en complément du PER.

PME de la construction et de l’immobilier : la remontée de trésorerie excédentaire vers l’associé dirigeant via des dividendes doit être arbitrée avec les besoins de fonds propres pour les chantiers en cours — un horizon de distribution trop court peut fragiliser la structure financière.

Pour toutes ces situations, les conseillers du cabinet de gestion de patrimoine de Bordeaux accompagnent les dirigeants dans la structuration de leur rémunération et de leur patrimoine professionnel et privé.

Les Hermines : votre partenaire patrimonial à Bordeaux

Optimiser la rémunération d’un dirigeant est un exercice qui engage plusieurs horizons temporels simultanément : la fiscalité de l’année en cours, la préparation de la retraite, et l’organisation de la transmission de l’entreprise ou du patrimoine privé.

Chez Les Hermines Gestion Privée, nous accompagnons les chefs d’entreprise bordelais dans ces arbitrages complexes : audit de rémunération, simulation IS/IR, mise en place et suivi du PER, coordination avec l’expert-comptable.

FAQ — Rémunération dirigeant 2026

  1. Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes en 2026 ?

    Il n’y a pas de réponse universelle. Pour un dirigeant fortement imposé (TMI 41% ou 45%), les dividendes en flat tax à 30% semblent moins coûteux, mais ils ne génèrent aucun droit à la retraite. La stratégie optimale combine généralement un salaire de base, un PER maximisé, puis des dividendes sur le solde.

  2. Quel est le plafond de déduction du PER pour un dirigeant TNS en 2026 ?

    Pour un travailleur non salarié, le plafond est de 10% du bénéfice imposable, augmenté de 15% de la fraction du bénéfice entre 1 et 8 PASS. Cela peut représenter jusqu’à environ 85 000€ de déduction annuelle pour les hauts revenus.

  3. Les dividendes d’un gérant majoritaire de SARL sont-ils soumis aux cotisations sociales ?

    Oui, partiellement. La fraction des dividendes dépassant 10% du capital social, des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales TNS.

  4. Peut-on déduire les versements PER du résultat de la société ?

    Non directement. Les versements sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable personnel du dirigeant. En revanche, certains dispositifs d’épargne retraite collectifs (PERO, article 83) peuvent être pris en charge par la société.

  5. La rémunération du dirigeant a-t-elle un impact sur l’IFI ?

    Non directement. L’IFI est assis sur le patrimoine immobilier, pas sur les revenus. Mais une stratégie de rémunération orientée vers le PER ou l’assurance-vie (actifs hors IFI) peut contribuer à réduire progressivement l’assiette IFI en réorientant l’épargne vers des actifs non imposables.

Nicolas FOUASSIER - Conseiller en Gestion Patrimoine Associé
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